mercredi 11 janvier 2012

Des chiffres qui font peur...

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26 enfants meurent en quelques jours dans un hôpital indien

CALCUTTA (Inde), 22 jan 2012 (AFP) - Au moins 26 enfants sont morts ces cinq derniers jours dans un hôpital public du Bengale-occidental, dans l'est de l'Inde, faute de moyens humains et matériels suffisants, ont annoncé dimanche les autorités locales.

L'hécatombe est due à un afflux d'enfants malades "en phase terminale", des nouveaux-nés souvent chétifs qui souffraient d'asphyxie périnatale, selon les responsables des services de santé de Malda, à environ 240 km au nord de Calcutta, capitale de l'Etat.

"Plus de 14.000 bébés ont été admis à cet hôpital ces trois derniers mois. L'hôpital n'a pas l'infrastructure nécessaire pour traiter autant d'enfants", a déclaré à l'AFP Biswa Ranjan Satpathi, directeur des services de santé du Bengale-occidental.

L'établissement, qui dispose de 60 lits, avait accueilli ces derniers jours de nombreux patients en provenance de districts voisins et des Etats de Bihar et de Jharkhand, a-t-il précisé.

En juin, au moins 17 bébés étaient décédés en 36 heures dans un autre hôpital public de Calcutta.


La malnutrition en Inde: une "honte nationale", selon le Premier ministre

NEW DELHI, 10 jan 2012 (AFP)

La malnutrition qui continue de toucher des millions d'enfants en Inde est un motif de "honte nationale", a reconnu mardi le Premier ministre, Manmohan Singh, en dévoilant une étude selon laquelle 42% des enfants de moins de cinq ans sont sous-alimentés.

"Je répète que le problème de la malnutrition est un motif de honte nationale", a-t-il déclaré lors d'une allocution télévisée à l'occasion de la publication d'un rapport portant sur 73.000 foyers dans neuf Etats de l'Union indienne.

"En dépit de la croissance impressionnante de notre PIB, la sous-alimentation dans le pays est à un niveau inacceptable. Nous n'avons pas non plus réussi à réduire assez vite ce taux", a-t-il regretté, en évoquant le rapport remis par plusieurs organisations non gouvernementales.

"Ce qui m'inquiète, c'est que 42% de nos enfants sont encore sous-alimentés", a déclaré le Premier ministre, rappelant toutefois que la proportion avait diminué de 11 points de pourcentage en sept ans.

"Nous ne pouvons espérer un avenir sain avec un grand nombre d'enfants mal nourris", a-t-il estimé.

Selon M. Singh, les acteurs sociaux et politiques doivent "comprendre clairement les nombreux liens --entre éducation et santé, installations sanitaires et hygiène, eau potable et nutrition-- pour ensuite adapter leurs réponses en conséquence".

Un rapport de l'ONG Save The Children publié en 2009 soulignait qu'en Inde, près de 2 millions d'enfants de moins de cinq ans mouraient chaque année, la moitié de ces décès intervenant le premier mois suivant la naissance, notamment en raison de maladies néonatales, de diarrhées et de pneumonies.

Selon Save The Children, la principale cause de mortalité est due à la malnutrition.

Près d'un enfant sur trois souffrant de malnutrition habite en Inde et 45,9% des enfants indiens de moins de 3 ans sont trop maigres. Or un enfant mal nourri présente neuf fois plus de risques de mourir qu'un autre enfant.

Depuis la libéralisation économique de l'Inde dans les années 1990, le pays a émergé de décennies de pauvreté, porté par une solide croissance de l'ordre de 10% qui a permis la naissance d'une classe moyenne et donné à l'étranger l'image d'un pays "qui brille".

L'Inde anticipe cette année un taux de croissance proche de 7%.

Mais selon Rohini Mukherjee, qui travaille au sein de la Fondation Naadi ayant participé au rapport, la richesse créée dans un pays où vivaient l'an dernier 57 milliardaires ne s'est pas propagée suffisamment vite aux populations défavorisées.

En terme de malnutrition, l'Inde "fait pire que l'Afrique sub-saharienne", a-t-elle dit à l'AFP, se faisant l'écho d'observations du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef).

L'Inde a lancé un vaste programme d'aide à la prime enfance, appelé le Plan intégré des services de développement de l'enfant, mais son action est rongée par la corruption.



En Inde, le lait mis en vente est souvent frelaté (étude)

NEW DELHI, 10 jan 2012 (AFP)

Plus des deux-tiers des bouteilles de lait vendues en Inde sont contaminées par des substances allant du sel au détergent et pourraient être impropres à la consommation, selon une étude d'un organisme de contrôle gouvernemental.

Selon l'Autorité indienne de sécurité alimentaire (FSSAI), dont l'étude porte sur 33 Etats et territoires de l'Union indienne (qui en compte 35), 68,4% des 1.791 échantillons analysés contenaient des produits incorporés au lait, comme de la graisse, du glucose, de l'eau ou du lait écrémé en poudre.

Du détergent a été retrouvé dans 8,4% des échantillons. Graisse et solides non comestibles ont été les deux produits les plus décelés.

Dans les villes, 68,9% des échantillons étaient contaminés, contre 31% dans les campagnes.

Selon cette étude, seuls deux Etats, Goa et Pondicherry, vendent du lait non frelaté.

"Non seulement un ajout d'eau réduit la qualité nutritionnelle du lait mais de l'eau contaminée peut aussi être un risque pour la santé", a mis en garde l'organisme, ajoutant que la présence de détergents "révèle un manque d'hygiène dans les procédures de traitement du lait".

En novembre 2008, six enfants issus de tribus de l'est de l'Inde sont morts et des dizaines d'autres ont été hospitalisés après avoir bu du lait à l'école. Selon des responsables locaux, ils avaient succombé à du lait frelaté.

L'Inde est le plus gros producteur de lait au monde.


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